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04 – Poèmes du voyage

Un plat bouillant

 

Nos amis, lors d’un dîner,  nous ont copieusement  nourris de riz basmati. Quelques ajouts de curcuma,  de cumin et  de brins de coriandre affolant les papilles.

Ils nous racontent leur dernier périple en Inde. Partis de France en moto, ils ont mis 1 mois pour atteindre leur but, s’arrêtant dans divers lieux historiques afin de visiter la région.

Narrant leur voyage, leur violon d’Ingres,  avec pleins de détails croustillants, les musiques entendues et les instruments qu’ils ont partagés avec les hindous : un sitar, une flûte Bansuri, des bracelets de danse, des bols chantants.

La musique est une passion si grande, un voyage à lui tout seul parmi les partitions, les nuages de notes, les clefs du ciel, le paradis des cinq sens.

Les corps se délassent, bougent, swinguent jusqu’au bout de la pénombre. Un brasier flambe sur la plage. Nous sortons le râga et le tâla, deux instruments fondamentaux de la musique indienne et improvisons autour de quelques accords de Ravi Shankar. Les flammes lèchent nos visages, se mêlant à nos corps brunis. Comme ensorcelé, les corps enfiévrés, nous bravons le froid de l’air marin lunaire, dansons jusqu’au petit matin.

Le narrateur parle du voyage, de son voyage comme des partitions de notes, de mots sonores, semblable à une musique douce exhalée par les contrées lointaines aux imaginaires à la Jules Verne. Les senteurs d’un chicken Bombay acheté dans un commerce yonnais apportent son lot de goûts succulents où la musique des cinq sens s’harmonise, s’agite en lui.

Il ne te reste plus qu’à cueillir ses bouquets sans tarder, car, même un plat bouillant devient tiède avec le temps.

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 04/10/2018

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Boucan du diable

 

Les bruits légers des clapotis de la Seine Se mêlent aux klaxons

Des automobilistes impatients

Sur le quai St-Michel (érigé en 1857 sous le règne de Napoléon III)

Un canard se pose avec fracas sur les flots calmes du fleuve

Les pompiers déclenchent leur sirène

Quel boucan du diable !

Un pigeon s’envole, se réfugiant à l’ombre des regards

Un canard s’ébroue, fait le beau.

Entre la cathédrale Notre-dame et le Pont-Neuf (commencé sous Henri III, achevé sous Henri Le Grand IV – 1578-1607)

Entre les ponts Sully et Marie,

La Seine étend ses tentacules le long des berges

Reflets, rides zigzaguant sur les flots.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 08/05/2018

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Renaît de ses cendres

 

Siffle vent sur les flancs du train

Glissent les mots sur les branches feuillues des chênes

Tu n’es que silence et brillance

Images latentes

Réminiscences de pensées ancestrales

Sur la toile opaque noire

L’aube blanchit

L’espoir renaît des cendres d’un passé cicatrisé, scarifié, oublié

Tu fais jaillir alors la lueur même minime d’une faille,

Qui, perceptible, devient béante

Parmi les ombres défaites, les récits de nos âmes

Qui, d’un rivage à une berge, navigue à contre-courant

D’une terre menacée , maltraitée, souillée.

Embarqué malgré ton empathie,

Tu te frayes un chemin caillouteux, brinquebalant

Parmi une nature verdoyante et joyeuse.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 08/05/2018

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Matin – midi – soir

 

Quand l’aube naît

La terre gronde

Tressaillements mécaniques

Mi-serpent, mi-anguille

Aux écailles inaltérables

Aux brillances inoxydables

Le métro se faufile presque partout

Enfin, oui, presque !

Le piéton, anarchiste du temps

Joue à cloche-pied avec les règles

Se moque éperdument des normes

Prends le contresens des préjugés

Brise les tabous de nos vies surfaites.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 07/05/2018

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Piéton anarchiste

 

Paris entre fascination et répulsion

Poubelle d’or et de vent

Le laid fait le beau

Ҫa grimace

Le Vernis craquelle

Le promeneur amusé

Décontenancé

S’abreuve d’art

Jusqu’à la lie.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 07/05/2018

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Écrire c’est si facile

 

Pense-t-il !

C’est simplement aligner

Quelques mots sur le papier

Non, c’est peindre, décrire

Une réalité, un état d’âme

En une histoire,

En une poésie brève

C’est un stylo bien affûte

Qui dégaine toute sa verve

En une prose survitaminée

Écrire c’est si gracile

Indolents signes

Dans la blancheur

D’une aube latente.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 06/05/2018

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Au square Cluny

 

Ҫa court, ça crie

Ҫa se trémousse

Ҫa se chamaille

Fête dans le quartier

Les bouteilles plastiques claquent

En jets d’eau

La chaleur dénude les épaules, les épaules et les dos

Ҫa pulse dans les corps

Électrisés de désirs charnels.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 06/05/2018

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Métro – boulot – Dodo

 

Ronflement sourd du monstre reptilien

Les regards se suspendent

Une larme coule

Un petit garçon métissé attristé

Un homme à la mine renfrognée

Scrute son propre reflet

Un couple septuagénaire rit, discute,

Vibre dans le même élan fraternel.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 05/05/2018

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Né là-bas

 

Né là-bas, ici et ailleurs

Tu voyages, défais les fils qui te relies aux premiers cris

De la naissance aux traversées solitaires

Tu te refais une conscience renaissante

Eh, fils et père du monde !

T’effeuilles les peaux écailleuses de l’océan

Ardoises d’écumes

Un solo indigo dans les flots abyssaux

T’es vibrato sur les cordes alto d’un corps sirène

Mère des océans, tu glougloutes, bruisses d’algues

Mêlée d’étoiles filant dans un univers

Multidirectionnel

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 23/02/2018

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La vieille hindou

 

L’enjeu est de se réapproprier le chemin qui va se fondre toutes les frontières.

La vieille hindou au sari bariolé, rieuse, aux rides boisées, accueille à bras ouvert l’hôte, le marcheur en quête d’un bonheur partagé.

Elle rie, brise les murs du silence, ses diversités de sens eurasiennes.

Son regard fixe mais mouvant se  plonge littéralement dans mes viscères.

Je m’imagine déjà fixer ma yourte comme un colocataire installé.

Je viens colporter mes semis occidentaux.

Rusée, peut-être pas plus que moi, la sagesse éloquente, elle me prend dans ses bras

Une explosion intérieure, continents et frontières se défont, se brisent et se fragmentent

en archipel, en îles solidaires.

Les frontières ne sont-elles alors que des blocs artificiels, des routes limitées ?

Est-ce une Europe éclatée, explosée qui interdit l’esprit solidaire ?

Non, pas de ça ici !

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com  –  23/11/2017

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Voyage insulaire

 

Voyage, voyage

Dans les terres océanes

Dans les continents jetés

Au vent fou des millénaires.

Être là et s’enfouir dans les ondes vibrantes

Des bleus insulaires

Plier bagage dans les nuées

Des bleus azurés, envolées d’imaginaire.

Loin de nos terres semées dans les hautes sphères

De promesses entre ciel et terre

Partir, rester, erratique dilemme

Le voyage défait nos certitudes.

Les bagages grands ouverts

Comme les pages d’un livre

Les voyages insulaires ne nous laissent pas indemnes.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 20/10/2017

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Deux yeux me zieutent

La nature me côtoie, me visite, m’insubordonne

Que me veut-elle ?

Vient-elle m’apporter ce lot d’interrogation, de curiosité végétale

que son aura irradie en moi ?

Ah l’impertinent, ce regard d’enfant aventureux !

J’enveloppe le tronc de mes bras tendres

 Ses veines me revigorent

Ah, la voilà ma prochaine maison !

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com

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Montpellier du 27 juillet au 1er août 2017

L’Europe

 

A la terrasse de l’hôtel,

La végétation déjeune dans nos assiettes

Tortueuse, langoureuse, elle guette nos faits et gestes

Elle s’invite à nos tables

Elle se nourrit d’un bol d’eau, d’un bol d’air et d’un bol de terre

La nature urbaine se repaît de nos restes alimentaires

Elle ne les ingurgite pas

– Oh,non, ouille, elle a mal au ventre !

Un estomac trop sensible qui préfère les fruits et légumes

Elle devient colère

Le fric est l’éthique immorale des hommes politiques

D’aubes pures, nous l’aimons notre nature

N’en faites pas un décor contrefait sans âme.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 01/08/2017

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Jardin de la gare de Montpellier

 

Attente !

Détente !

Au jardin de la gare

J’y suis peinard

A méditer sur mon banc

A attendre le départ

Du train Montpellier-Bordeaux

Les bancs offrent du réconfort

Les discussions se font sans effort

Personne connaît mon histoire

Une dame susurre des récits farfelus

De pigeons et de drôles d’hurluberlus

Je m’assoupis comme un loir

Volant sur le dos d’un pigeon.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 01/08/2017

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Trajet Montpellier-Bordeaux

 

Sitôt grimpé dans le train

J’apprends le métier de porteur de valise

Il faut dire qu’une demande provenant d’une si jolie femme

Ne peut pas se refuser

Sans mollir, je me frotte au métier de psychologue

pour obsessionnel compulsif de vitraux

Un cas très rare et volubile qui m’accapare.

Je ne sais pas raccorder les récits qui dérapent. Les détails qui déraillent.

Une histoire qui n’est plus qu’un grimoire

Un sentier de mémoire qui se perd

Dans les hautes montagnes de ses souvenirs éteints.

Il m’explique par grands gestes des faits souvent anodins

Découpe dans sa moelle, des maux

Qui saignent la page

Qui imprègnent sa rage

Alors, oui, continuer, malgré ce monde chaotique

Briguer la justesse de mes mots

Blanchir les monts libres de ses lendemains qui chantent

C’est suivre le train continuel de ses désirs

Un voyage perpétuel.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 01/08/2017

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Le carrousel de la Comédie

 

Tournez carrousel de la comédie

Tournez carrousel de la fausse modestie

Tournez carrousel des maintes envies

Tournez carrousel des douces folies

Tournez carrousel des demoiselles les plus jolies

Virevoltez folle jeunesse de bonne compagnie

Alignez les bonnes notes et bourses bien fournies

Virez les importuns en mal de jalousie

Vivifiants artistes que l’on applaudit

Sur la Place de la Comédie.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 31/07/2017

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Crécelles

 

Les criquets laissent filer

Leur petite musique légère

Rythmée par les claquements

Des pièces du jeu d’échec

Les voix vives des joueurs,

Leurs gestes rapides, leurs moues moqueuses sont tues

Par le bercement du vent

Par la chaleur douce de fin d’après-midi

Douceurs ocres des murs des maisons

Rêves métissés d’une Algérie

Imagée, imaginée, idéalisée.

 

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 31/07/2017

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Rues célèbres

 

Sur la Place Jaurès, s’élève, en l’an 1500, une grande loge de marchands crée par Jacques Cartier, le noble argentier du roi Charles VII.

Ce grand homme prie Sainte-Anne en jetant du petit sel contre les mauvais sorts du bas-peuple.

La cloche de l’église sonnant cinq heures, il part avec ses gardes du corps et jette ses lots de sels sur les étals de la friperie qui l’horripilent.

– Regarder ses tas de vêtements qui s’abîment et attirent toutes sortes de maladies.

Joseph Cambon, pas dupe, se cache derrière sa devanture l’Ancien Courrier  où derrière se prolonge la petite loge 19. Il craint ce riche commerçant qui souhaite faire disparaître tous ses gagne-petit, ses gagne-misère qu’il les appelle ainsi.

Ses petites gens qui considèrent la vie comme un bras de fer.

Joseph n’admet pas que des balances s’en prennent au Puits du Temple et convoque l’Ordre de Malte pour diaboliser ce cloaque qu’il désigne ainsi comme un désordre  innommable.

Il convoque le Petit Saint-Jean qui pratique des recettes de sorcellerie et qui  vénère les Sœurs Noires. Ce petit homme au yeux perçants connaît toutes les incantations de la Magie Blanche qui se pratiquent derrière les persiennes tirées des devantures de la Draperie Rouge, de l’Argenterie, de l’Aiguillerie.

Une tenancière du bar Le Bouc d’Or du nom de Clémence Delait s’affuble d’une barbe noire les soirs de la pleine lune.

Joseph et le Petit Jean s’ingénient à effrayer les commerçants embourgeoisés qui veulent chasser les artisans fiers de leur petite loge, ses malotrus friqués possédant ainsi la loge la plus spacieuse.

Joseph s’en moque de ses prises de bec sans fondement. De sa petite loge 19, il surplombe les allées et venues des plus jolies femmes.

Ce soir, une de ses femme tant désirée, Rosa Bonheur vient pour déguster son hydromel. Belle comme une chatte, il l’enivre de galipettes.

Du bonheur dont ils sont prédestinés, il devient leur cheval de bataille.

Joseph ralliant le nom de famille de son épouse. Il porte en lui-même un nouveau cheminement plein de clarté et surtout plein de bonheur.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 31/07/2017

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Ville chauffée à blanc

 

Vibre cité

Tes sentiments bouillonnent

Tes ruelles s’entremêlent

De trésors cachés

Où Krishna à main nue gratte un sitar

Où les cathares survolent les monts cévenols

Vibre cité

Ton cœur brûle de mille clameurs

Slames, ma chère beauté, aux ruelles courbes

Slames, ma folle aimée aux désirs fourbes

Tu t’abreuves à l’eau fraîche

De la fontaine des Trois Grâces

Vibre cité

Ville chauffée à blanc

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 30/07/2017

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Place de la chapelle neuve

 

Les fenêtres s’entrouvrent sur la Place de la Chapelle Neuve

Survols des âmes avides d’élucubrations ésotériques

Des bribes de chuchotements, les pierres parlent

D’histoires amoureuses anciennes

De disputes passées et vaines

De disparitions irrésolues

Des pierres de la chapelle,

La patine du temps défile

En un cortège de vieux écus malhabiles

L’écu glorieux des saltimbanques moyenâgeux

Ici-bas,

Ces valeureux artistes

Des funambules de l’art sensible et éphémère

Artistes circassiens, musiciens, clowns, danseurs, marionnettistes

Là,

Un cinéma d’ombre mêlé de lumière.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 30/07/2017

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Vieux têtards

 

Vieillards aux troncs tordus, crevassés

Tortueux et tourmentés

Ils sont nos guides et nos consciences

Des silhouettes habitées, vrillées

De tout ce qui nous remue

Leurs orbites d’ombres sont creusées

Par des histoires très anciennes

La lumière nous rend hébétée, bestiale

Ré-assombrissons-là, la cruelle mégère !

Le mystère est un lieu

Qui se cherche à tâtons

Entre deux états

Recule un peu

Tu verras tout défiler.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 29/07/2017

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Médire

 

Dire tout sur rien

Des mots sans queue, ni tête

Des armées d’alphabets

Balayées par le vent anonyme

D’une nature revancharde.

Dire quoi quand un nombre incalculable

De poètes, de philosophes et autres pontes

Débitent des sentences tranchantes

Sur les ardoises de nos écoles.

Médisances que de nous sermonner

Que nous ne sommes plus que

Des perroquets sans conscience.

Non, quelle gageure !

D’humble condition, j’écris sur ce qui m’émeut

Me fait rire et me fait enrager.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 28/07/2017

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Suis-je ?

 

Suis-je le train poursuivant la paysage ?

Suis-je le paysage filant en dehors du train ?

Suis-je ma réalité dénichant des mots savamment calibrés ?

Suis-je un éclat de vers entamé par des rimes dissonantes, éclatées,

Des césures dynamitées ?

Suis-je le poète, l’éponge même de mes sentiments les plus beaux mais aussi les plus farfelus ?

Suis-je l’impotent face à la puissante et complexe machine économique moderne ?

Suis-je ?

Suis-je ?

Je ne suis qu’un apprenti acharné de la poésie.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 28/07/2017

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De gais lurons

 

Sans gais lurons

Point de galopins

Ni de gueux grisés

Ni de grogs gouleyants

Gargouillis de gaz

Gorgées goûteuses

Dans un bistrot plein

De gaillards et de gourgandines

Ils se gargarisent de gasconnades et de galipettes gargantuesques

Cela gueule jusque tard dans la nuit

Les étoiles gigotent, graciles sous les robes écarlates

Des désirs inachevés.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 27/07/2017

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Toi, l’homme

 

Le sang de nos ancêtres

Pulse dans nos veines

D’entre les draps s’immiscent

Les contes lumineux

De nos chères têtes blondes

Toi, jeune fille qui gigote

Devant ta maman

Impassible et impuissante

Toi, l’enfant qui cueille le fruit

Avant qu’il ne mûrisse.

Toi, l’homme adulte qui veut tout connaître

Imposant ses connaissances

Comme des vérités absolues.

Toi, le Temps, cette nature qui gouverne nos vies.

Alors, seules les impulsions d’éclats de soleil

Sont nos guides.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 27/07/2017

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Chemins enlacés

 

De chemins en lacets,

je marche parmi les odeurs enivrantes des sapins,

une forte odeur de sève mêlée de soleil et des suées de tout mon être.

Je me défais du trop plein comme la mue du lézard.

Je jette mon téléphone portable du haut de la montagne.

Je lâche ce qui m’encombre.

Je défais les contraintes.

Je pétris les hasards.

J’allume les étoiles

J’entame mon envolée sur la voie lactée.

Non pas de champagne, ni de bagarres,

ni de flirts mais la poésie du regard et de l’instant bref.

Celle des grands espaces du rêve.

Les rênes du Petit Prince en lutte avec sa lune imaginaire

L’astronome en quête de divin.

Déloge le réel et le défenestre

Dans la queue des comètes.

Saoules-toi de fêtes sans queue, ni tête

Vivre et se suffir à soi-même !

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com  –  04/07/2017

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Le voyageur sans bagage

Partir où, visiter ce grand pays tant désiré, la Russie, il emmène l’essentiel : l’appareil photo, le carnet d’écriture et quelques vêtements éparpillés dans la valise à roulette.

A l’aéroport de Paris, la piste est encombrée de touristes courant dans tous les sens affolés par l’inertie du personnel.

L’arrivée à Vladivostok se fait dans un déchirement de métal, de crissement de pneus. Dès l’ouverture du SAS, les vacanciers sont éjectés comme des bagages superflus.

Pas de répit, une semaine, c’est court pour les visites guidées. Il s’est entraîné à la marche à pied durant des semaines entières. Faut pas déconner quand même, c’est qu’il y a plein de musée à découvrir.

Il hèle un taxi pour visiter le mémorial du sous-marin à Vladivostok.

Notre jeune officier japonais Hito se presse, il est déjà en retard. Il rouspète dans le taxi, fixe sa montre sans cesse. Enfin, dépêchez-vous, il ne me reste qu’un petit quart d’heure avant que la visite guidée ne débute.

Sitôt débarqué, une foule immense, hébétée attend l’ouverture des portes du musée.

Hito descend promptement du véhicule, court pour prendre sa place.

Une lumière estivale de fin d’après-midi baigne la scène.

Il met son appareil photo en joue et cible les groupes de touristes agglomérés entre les statues et les décorations.

Un présent amnésique qui se dérobe sans cesse.

Le musée ouvre enfin ses portes, des cris de joie ponctuent l’avancée houleuse de la foule. Les membres du personnel constituent des petits groupes afin de réguler les entrées et sorties. Hito parvient à franchir le SAS du fameux sous-marin russe que son père avait connu. Il lui racontait  alors ses périples dans la mer Baltique.

Sitôt entré dans la pièce principale du musée, une jeune femme asiatique attire son attention.

Messieurs, mesdames, suivez-moi, nous allons commencer la visite. Complètement hypnotiser par son timbre de voix et son sourire énigmatique, il ne cessa de l’observer sous toutes les coutures shootant comme un paparazzi.

A la fin de la visite, il l’interpella

– Eh,  je voudrais faire quelques photos de vous et du sous-marin !

– Ok, je veux bien poser pour vous ! Attendez un peu, je suis décoiffé et il fait chaud ici.

Ouf, j’ai soif, un peu de thé me fera du bien, merci, oh, là, vous allez un peu vite, quel risque prenez-vous de renverser votre thermos de thé sur votre appareil photo, ne vous brûler pas ! (eh là , elle chuchote dans sa langue « Qu’est-ce qu’ils ont ses foutus touristes à se démener comme des excités ! Euh, oui, oui, je me presse, oui, le sourire bien large ! Dès fois, qu’on ne verrait pas mes dents jaunes ! Eh, j’espère qu’il va me filer des dollars et me payer un coup à boire.

Et dire qu’il va me la poster sur les réseaux sociaux. Mais, quelle tronche vais-je encore avoir ! Je vais passer pour un dindon, eh, là, les farceuses de frangines qui me vont me lyncher de répliques bien senties – Ah, là, là, regarder-là notre amie friquée qui se pavane !

Je fais semblant de ne pas comprendre toutes ses explications. Il s’agite et me dit que je n’arrête de baragouiner. – Donnez-moi un billet  ou je stoppe tout ! C’est bon, en plus, je suis pas payer à jouer la poupée made in china. Vous savez Monsieur, cela peut coûter cher les poses photos !

– Est-ce que c’est enfin fini Monsieur, et, comment vous appelez-vous ?

– Je m’appelle Hito – Ah, vous êtes chinois !

– Non, je viens du Japon ! De la ville de Kyoto exactement.

– Ok, eh, eh, cela vous dirait de m’inviter à un petit resto ! C’est que tous ses prises de vues m’ont affamé. Vous me paierez bien un supplément ! Surtout que vous me plaisez.

– Euh, vous êtes sûr ! Rouge comme une tomate, il ne sait plus quoi dire. Il bafouille, se recoiffe secoué par les révélations de cette jolie inconnue. Il se relève prêt à partir.

Elle s’énerve – Non, ne partez pas, laisser moi quand même quelques billets !

– Oui, voici 50 dollars ! – Merci Monsieur !

La jeune femme murmure quelques reproches – Il ne sait même pas son prénom !

Ne suis-je qu’un décor, qu’une image orientale fabriquée par vos esprits occidentaux ?

Ne serait-il qu’un présent éparpillé, qu’un présent pressurisé ?

Ou ne serait-il qu’un présent futurisé ?

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 02/05/2017

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Le vent t’amène

 

Un soir, au soleil couchant, une orange planète vient se poser sur le rebord de ma fenêtre. Elle me donne des ailes.et une envie d’échapper du béton où je vis.

Je sors dans la nuit à sa recherche l’appareil photo sur mon épaule. Je marche, je marche, je marche….Je cherche la petite lumière dans la nuit sans lune. Ah, est-elle cachée sous ce réverbère ? Je frissonne mais les ombres menaçantes n’ont pas d’emprise sur moi.

Ouf ! Des petites lueurs aux fenêtres. Oh, la, la !  Douces auras urbaines. Des hommes sont passés par-là. J’entends leurs pas ? Là, une maman et sa fille, une petite vieille qui marche.

Un adolescent traverse en courant. Des traces, des empreintes sur le bitume.

– « Où es-tu mystérieuse planète ? » J’arpente les ruelles. Je gravis les marches.

-« Y-a-quelqu’un ? » – «  qui est-là ? » – « Répondez ? »

Une voix dans la nuit me parle. – « Ô poète du bitume ! Aurais-tu la prétention de t’accaparer l’astre solaire ! » Viens donc plutôt faire la fête avec nous, photographe, somnambule.

Je pars, je marche dans ma cité, puis je m’endors dans les fourrés du parc.Je suis ma route, la valise à la main. Bien malin, ah, celui qui sait quel chemin je prends.

Je vais vers ma petite planète orange. Je ne suis pas celui qu’on imagine.

Je ne suis pas celui qui vit parqué dans un assemblage de béton. Je suis, je suis, je suis le marcheur. Je débroussaille les routes et les talus. Je ne veux que l’essentiel : La puissance du vent et l’obsédante pluie.

Marcher, et marcher encore… Des raccourcis, des rallongements.

Je baille, je frissonne. Que de kilomètres parcourus sur la terre de mes ancêtres ?

Qu’ai-je aperçu à l’horizon ? Un sabotier

– « Eh, monsieur le sabotier, je veux une paire de sabots confortables, aller, du 32 au 48 ! Ce n’est pas important ! J’essaye la paire.  Ouille, j’ai mal ! »

Qu’est-ce que j’aperçois, une  ombre, entre les sapins !

– « Holà, monsieur le forgeron, tu ne me reconnais pas ? Aller, inscris mon nom sur ce bracelet » qui marque mon passage en ce lieu.

Je voudrais retrouver la chaumière, celle qui me réchauffait mon cœur solitaire.

Des souvenirs épars me reviennent. L’odeur du café fumant, le journal froissé sur la table. Des guirlandes de mots, et des lambeaux de silences. Je pars, je pars loin, loin, loin

Un capitaine m’embarque sur son bateau.

–<< Cache-toi. !>>Je dois être le seul skipper à bord.

Je vogue d’un continent à un autre avec le vent des globes.

Viens, je t’emmène dans une Afrique inconnue

-«  Entends-tu les tam-tams ? »

Que se passe-t-il ?  Je ne sais plus très bien qui je suis, ni où je suis. Un arc-en-ciel devient un pont qui me mène dans une tribu. Je danse dans un tourbillon d’éclats de rires. Je swingue sur la plage, jusqu’au bout de la nuit. Mon cœur bat à perdre haleine tellement la musique me pénètre. Je suis transpercé dans mes veines. Transe, transe… Je chute sur le sable chaud.

Un monde inconnu me visite, une lumière m’aveugle. Un vent souffle à mes oreilles.

La fête est finie. La fête est finie.

Quelques notes de musique résonnent dans ma tête.

Les musiciens reviennent comme des ombres et jouent une musique étrange.

Où sont-ils ? Ils ont disparu.

Là, devant moi, un reflet, c’est toi ma planète orange ?

Je cours à sa rencontre, saute dans les vagues. Ah, ah !

De drôles de plantes surgissent des abysses de l’océan.

– Quelles formes bizarres ! Des solanées, le vent me souffle,

-« où sont tes ancêtres ?>> Des belladones,

-<<où sont tes ancêtres ?>> Des jusquiames

-<<où sont tes ancêtres ?>> Des valérianes,

-<<où sont tes ancêtres ?>> Mais, j’entends des voix qui m’appellent.

Mon inspiration vacille aux mille et une lueurs de la nuit.

Je croyais tout contrôler mes pensées, mes actes. Tout m’échappe.

La Nature me prend dans un tourbillon de rêveries, irréelle nature.

Je ne parviens pas à percevoir les frontières entre le rêve et la réalité.

Pourtant, j’entends des glougloutements. Sapristi ! J’ai froid, l’eau rentre dans mes chaussures. Je sors péniblement mon pied gauche de la boue des marais. J’emprunte une zone moins humide qui me parle de mon grand-père.

-« Souviens-toi, il pêchait à main nue la baudroie et la morue. Ses mains écorchées saisissaient l’oursin dans les rochers. »

Au loin, le clocher faisait résonner les dimanches à l’église. Je me souviens de mon arrière-grand-mère. Elle amidonnait des coiffes pour sa famille.

N’oublie jamais de rêver mon enfant !

Rêve, rêve, dans le vent !

Ô petite planète orange

qui devient bleue.

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com 

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L’artisan des mots

 

L’artisan attise les mots au feu de sa rébellion

Peau hérésie, des mots passions

La pointe de la plume  lui fouaille les chairs,

Ô planète orange qui brûle en moi !

Fruit savoureux qui prend la couleur chatoyante  de l’Afrique

Comme un mirage qui attend sa réalisation.

Je suis l’artisan-poète qui consume son débit de mots

Brasier syllabique, infanticide de la langue,

Je rêve à ce noir qui s’assied à mes côtés.

Un soir où les veillées embrasaient nos corps

Feux des souvenirs, brûlures d’un passé scarifié

Corps-poème, peau que j’aime,

je ne suis que feu et passion.

Nous sommes des milliers à parler d’une même voix.

La même voix qui nous mènera loin, au-delà des océans.

 

Y-a-t-il un sentier au creux des vagues salées ?

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com –  14/03/2017

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Les voix de tes ancêtres

 

Je pars de mon Afrique natale, je marche, loin… loin…

Je dors où je peux m’abriter, buissons, fourrés, clairière

Les nuits blanchissent toujours les jours qui passent

Je me réfugie dans les rêveries des fêtes de mon village

Où se mêlent le suc parfumé des oranges,

Le parfum mentholé des pins, de miel d’Eucalyptus.

Souviens-toi !

Je reprends la route.  Ma route

Des kilomètres de questionnements.

Mon périple, sera-t-il vain ?

Les nuits blanchissent toujours les jours qui passent

Des pétards explosent. Déchirement de métal. Peur. Cloué au sol.

Est-ce une conjuration ? Une évasion fictive ?

Clash, flash, des images trash, cris d’hystérie… La tempête se calme.

Des parfums d’oranges se mêlent aux épices.

Une silhouette trapue se devine entre les fourrés.

Je sursaute. L’homme m’interpelle – Eh, l’ami, qui es-tu ?

– Mon nom est l’humain qui se mêle au ciel, à la terre et aux océans.

Il répond –  Eh,  où vas-tu ?

–  Je viens d’au-delà des océans, de mon Afrique rêvée

– Pourquoi rêvée? Tu n’es pas d’ici

– Je suis en transit. Les parfums, les souvenirs d’enfance me ramènent sans cesse là-bas

– Tu es d’où alors ? – D’ici et de là-bas. Mon cœur saigne. Habites-tu la forêt ?

– Oui, une cabane en bois que j’ai restauré ayant peu de ressources.

– Viens mon ami marcher, loin dans les plaines, à travers les routes et les océans.

Un goût de suc d’orange sanguine parfumé déjà me fait saliver.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 14/03/2017

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Voix de l’Afrique

 

Je marche, je marche, je marche… Les habitations brillent dans les rues sombres

Je marche, je marche, je marche… J’attends la chaumière

Qui saura réchauffer mon cœur ?

Cette maison est pareille à une étoile filante trouant l’épaisseur de la nuit.

Ouvrira-t-elle ses portes ?

Jette un rai de lumière sur ta nuit ! Peins la cité avec ton âme

Griffonne tes mots sur les murs. Ouvre les volets sur tes rêves.

Il faut escalader la barrière du parc.

La Nature n’appartient-elle qu’à ses propriétaires ?

Je m’arrête au pied d’un parterre fleuri. Je m’endors…

Un capitaine m’embarque dans une Afrique méconnue.

Je vogue d’un continent à l’autre. Un arc-en-ciel devient

un pont qui me mène dans des tribus inconnues

Je ne sais plus très bien qui je suis, ni où je suis.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com

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Il a gelé dur dans cette bourgade américaine

 

Les maisons particulières, vite montées et vite vendues, jalonnent les rues anonymes.

Les automobiles bon marché de cette ville ouvrière longent la façade blanchâtre d’une petite maison. La neige compacte paralyse cette cité. Les déneigeuses ne balayeront pas les traces de pas, les empreintes de mains laissées par des hommes aux visages creusés de rides soucieuses.

Les ouvriers de la cité enlèvent tant bien que mal les couches floconneuses durcies sur les pare-brise. Ils leur ont fallu monter et descendre des quantités de bouteilles d’eau pour gratter ferme au point d’avoir leur poignet douloureux.

Du perron de leur maison, les hommes s’activent, prennent possession d’une cité à priori endormie.

Le taux de chômage est si important que leurs propriétaires vendent leurs logements à perte. Les délocalisations ont plongé toutes les petites villes américaines dans un anonymat sombre.

Notre homme s’était construit une vie souterraine dans son cagibi. Un nid douillet loin des bavardages, des tracas bruyants de la ville.

Charpentier et menuisier de métier, travaillant sur les chantiers, quand le travail manquait, il connaissait tous les spécificités des matériaux du fer au bois. De par son expérience, il avait aménagé sa cuisine en confectionnant ses propres étagères en bois, ses armoires peintes, ses sculptures en fer forgé.

Cela lui permettait de caser ses réserves de boites de conserves, de sucres, de cafés pour pallier aux commerces chers. Il essaimait sa maison de créations colorées pour briser la monotonie de ce monde monochrome au formol. C’était sa façon à lui de cacher la lumière faible que le peu de soleil poussiéreux laissait entrevoir par une fenêtre riquiqui, enfin cela faisait allusion plutôt à un hublot.

Il venait juste de vendre sa maison pour une bouchée de pain.

Il partait déprimé sous un ciel de neige. L’hiver allait être rude.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 11/12/2016

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Froide réalité

 

Froid intense

Lignes des cimes lointaines

Si terrifiantes

Comme un carnaval de masques

Brisant la nuit sans lune

Dénicher l’auberge, vouloir dormir à tout prix

M’enfouir dans les lueurs chaudes des traînées d’étoiles

Au sillage du transsibérien semant des rêves hypnotiques.

Là, caresser, là, les folles graminées.

Inventer mon oreiller d’herbes, un abécédaire amoureux dédié

Aux lèvres si bleues de mes rêves

Telles des chemises fanées et pourtant si bien pliées.

La maison n’est pas à vendre

– Regarde maman, on a jeté les nuages dans le ciel !

La froide réalité dévore la bourgade en quartiers désordonnés

Vies en déroutes, villes chaotiques.

Urgence, urgence…

Les cafés se dépeuplent, les boites de conserves clairsemées,

Les boites de sucres nageant à contre-courant.

La nuit américaine enfile les rues, les boulevards en brochettes tagadas.

Fuir, fuir l’anonymat des périphéries faméliques.

Casser les murs, les murailles, les cloisons, les prisons de nos âmes

Concasser les autos playmobiles, les armes, les tanks, les esprits guerriers.

Rétablir les ponts, les stations aux essences fruitées,

Des paquebots de mots s’absentent sur les fleuves.

…silences coupants…

Mc Murphy plombe ses silences impalpables de chantiers innombrables

Mains pantelantes, membres désaccordés,

Besoin hurlant de sang neuf

Un casting de seconde main s’opère.

Les bras cassés aux inventeurs désincarnés

Dévastent la scène, écaillent le vernis trop frais.

Rassemblons visage, tête et corps en des fragments de rêves

Retrouvons enfin la chaleur du foyer

Réintégrer enfin l’auberge de notre propre réalité.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 11/12/2016

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Le petit Jules

 

Le petit Jules aime mordiller les brins d’herbes sauvages.

Il sent la pluie arriver. Son papi René dit toujours quand la pluie débarque,

ses douleurs reviennent.

– Grand-père René, viens, regarde les nuages noirs, ils se rapprochent !

– Oui, j’ai vu mon petit Jules, le temps vire à l’orage.

Le petit garçon voit bien qu’il fatigue, il se courbe de plus en plus sous le poids du travail,

dans les champs, il s’échine à récolter quantité de blés mûrs. Sans aide extérieure, il ne peut pas prendre de repos. Sa femme est partie préférant vivre en ville.

Les saisons passent, filent sous les cieux azurés aveyronnais. Les deux comparses partent des journées entières, récoltent des herbes sauvages, des champignons. Leur chien Mirza les accompagne, jappant devant sa rondelle de saucisson tant méritée. Il en redemande.

Il se roulera encore et encore dans les blés secs.

Les saisons passent, filent sous les cieux azurés aveyronnais.

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 10/08/2016

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Les deux fillettes

 

Le froid des forêts aveyronnaises dépose ses filets de brume sur les bois morts.

Deux fillettes jouent dans les bois, cherchent des recoins où la lumière joue avec les ombres jusqu’au plus profond des chemins où se dessinent des silhouettes sans visages.

Elles se mettent à la recherche de feuilles, de brindilles, d’herbes disparates.

À l’aide de la terre humide et de leurs doigts habiles, une forme grossière se dessine. Elles lui fabriquent des bras et des jambes, confectionnent des ustensiles de cuisine.

Elles entament une discussion. – Eh, regarde ! Sa tête bouge, elle nous répond !

– Tu crois ! N’est-ce pas ton imagination qui te joue des tours ?

Le froid des forêts aveyronnaises dépose ses filets de brume

sur les morceaux de bois mort.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 10/08/2016

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La diagonale du rêveur

Je traverse canal, champ, forêt et fleuve.

Eh, regarde, le ciel azuré, la quiétude,

La douceur du vent et du soleil.

Te souviens-tu des longues balades

Où nous rêvions, loin des bruits de la ville,

Nos mains caressaient le sable si doux,

Qu’il nous évoquait nos ancêtres,

Leurs amours semèrent fleurs, arbres fruitiers,

Maisons et châteaux sur cette terre.

 

Attente

Est-ce le paradis idéal, une île à conquérir ?

Allez, souquez ferme, matelots !

Il n’y a plus de courants

Ce n’est pas vrai dans ce pays

Ils sont toujours en grève.

 

 Á  l’encre  ensablée

Les embruns des océans,

Les lointains horizons

Nous rappelaient nos origines

Contrées que nous atteignions presque

Sans  savoir où elles nous menaient.

 

Au  fil de l’horizon

Partir à l’aventure

C’est suivre quoi, un horizon plat ?

Fermez quelques secondes les yeux

Apprenez à voir autrement. Prenez un brin de soleil

Ajoutez des fragments de mots

Agrémentez-les de pensées fleuries

Épicez-les d’une pointe d’humour

Faites ressortir toutes les nuances

Des goûts mêlés, les sens éveillés.

 

Débordement

Les pêcheurs inventent des récoltes miraculeuses

Des poissons arc-en-ciel peace and love

Des poissons bleus naïfs

Des poissons soleil amoureux

Des poissons montgolfières aventuriers

Des poissons crayons écrivains

Des poissons muets passe-partout

Des poissons citron pressés

Des poissons cornichons insatisfaits

Des poissons OVNIS qui sont partout

Des poissons ronds dans la lune

Tout ce beau monde régale nos papilles et nos âmes d’enfants.

 

Ancrage

S’emplir  de bleu

S’enivrer d’embruns

Gravir sentiers et îlots

Nos cœurs ballottent au plus profond des abysses.

 

Périple

Suivre le fil de la plume

La mouette prend ses ailes

Inspire, survole

Ancre nos émotions au ciel

Délivrant des fragments de mots

Expiration salutaire.

 

Liberté

Elle attend le navire

Se love dans la végétation

Vas-y saisit la vague !

Laisse-la glisser

Embrasse ses douces lèvres azurées

Ivre navire dans le sillon

Des vaguelettes scintillantes d’étoiles.

 

Boomerang

Êtes-vous  sûr que votre ticket de voyage est valable ?

Vous avez bien vu que cet itinéraire était factice

Partez sur une grande île qui n’existe pas

Ne vous inquiétez pas ?

Elle ressuscite lors la marée redescend.

 

De ciel et de bois

Les dunes  évoluent si l’être humain élève la nature

Vers l’exigence et la générosité

La végétation prend toute la dimension

De sa variété d’espèces

La qualité d’âme se nourrit des bleus du ciel et des verts tendre.

 

Ca ne manque pas de pin

Ciel mon sapin ! Quel trésor la nature m’a-t-elle donné ?

Ne sachant pas que l’homme

Est un perpétuel guerrier rêvant

A de nouvelles contrées

L’arbre fait germer ses fruits

Sous un soleil revigorant

Mais, sous les nuages, la colère gronde.

 

Désertification

Quand l’homme aura dévoré végétaux et animaux

Quand l’homme aura bu  toutes les eaux

Quand l’homme aura épuisé les énergies naturelles

Quand l’homme aura assassiné tous ses congénères

Quand l’homme aura dilapidé tout son argent

Que lui restera-t-il de ses larmes verser dans ce désert ?

 

Petits ronds

Petits ronds qui tournent, tournent pas ronds

Tourniquet, mots qui butent

L’alphabet est un bourricot qui s’emballe

Les langues s’emmêlant

Les métaphores s’évanouissant

Dans les mirages de l’utopie

Arrêtes-toi petit bonhomme

De courir comme un dératé

Zieute les petits bonheurs des sentiers ensoleillés.

 

Paradis, utopie

Quelle plage de rêve ?

Nos pensées sont en balade

Parmi le végétal et le minéral

Les bleus de l’âme occultent les énigmes

Qui se trament derrière les jolies cartes postales

Jeunesse, ne laissez pas cette planète

Périr entre les griffes des armées conquérantes.

 

Prend tes ailes

Prend tes aises, mon goéland

Goéland de mes envies

De mes désirs virevoltants

Prend ta boussole, vole sans escale

Dans des lieux inconnus

Faire jaillir de ses ailes

Des ricochets de lumière

Sur les vagues océanes.

 

Cap sur le phare

Au fil de l’aventure,

Notre mer nous envoie son messager

La vie ne tient qu’à un fil…

…de canne à pêche

Y a ceux qui pêchent malgré eux !

Pourvu que ça cancane devant un verre

Et, que la vie ne soit qu’une filiation.

 

Fil à plomb

 Le ciel a du plomb dans l’aile

Les nuages sont pris pour cible

L’océan tempête

– Eh, là-haut, du ciel, qu’est-ce tu fiches à nous jeter tes saloperies ?

– Eh, oh ! L’océan, déjà que l’humain nous souille de ses déchets

– Quoi, le ciel, tu pourrais te les garder !

– Eh, ne déconnez pas !

Tu sais bien  que l’humain pêche par avarice

 

Madame Plume

Madame Plume, c’est le surnom de notre goéland

Ses congénères ne le trouvent pas assez épais

Manque de vitamine, de poisson

Il faut manger la peau, ça te redonnera

Un peu de graisse sur les os

Tu manques de soleil, fait la planche

Sur un ilot ou sur un bouchot

L’été arrive, il faut te faire une beauté

Avant que le soleil couchant ne fasse disparaître

Tes rêves et tes projets naissants.

 

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 29/05/2016

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Mon île en Ré majeur

 

« L’histoire se passe sous le règne de Constantin vers 320 a.p. J.C. Sainte Hélène crée une chapelle à St Michel. Elle confie ses reliques à son chapelain, les pèlerins affluent tellement d’ailleurs que l’ermite (moine) ne peut plus prier tranquille. Il émigre donc à la Dive. »

Depuis l’aube des temps, l’Ermite St-Michel de la Dive traverse monts et vaux à la quête des beautés de la Nature. Un jour de balade, Saint-Michel croise une femme rayonnante

– Eh, jolie inconnue ! Comment t’appelles-tu ? – Je m’appelle Hélène, Sainte-Hélène !

Et à qui ai-je l’honneur de parler ? – Je suis l’Ermite Saint-Michel !

Venez jeune demoiselle visiter l’île tant désirée !

Déjà, les premières lueurs de l’aurore roussissent la chevelure auburn d’Hélène. Ne faisons pas de bruit, chut ! Le jour se lève…

La sainte nuit n’est plus de ce monde. Sans famille et sans racines, quoique, Hélène pourrait être sa femme, il possède néanmoins quelques affaires de rechanges, une bourse d’écus dans sa besace.

Ils cheminent l’air de rien, un rien les habillent, leurs poches se remplissent de leurs rires, chansons et comptines.

Porté par la foi et leur musique, St-Michel et Ste-Hélène chantent la sublime et fragile Nature. Le temps passe, des temples disparaissent, de puissantes cités  sont vaincues par de valeureux guerriers.

Leur ciel leur semble immuable, leur terre leur semble éternelle. Cette gigantesque Nature se révolte contre les oppresseurs humains.

Leurs passages laisseront une trace indélébile dans la campagne insulaire.

St-Michel s’exclame – Ô mon ciel, donne-moi tes ailes pour te visiter  et te connaître !

Vole, vole l’oiseau, suis le ciel, la terre et l’océan !

– Et moi, Michel, je veux aussi  te visiter ! –  Oh oui, Hélène, visite-moi !

Vole, vole l’oiseau, suis le ciel, la terre et l’océan !

Le ciel et la terre s’entremêlent en un univers au bleu si profond, profond… !

Vole, vole l’oiseau, suis le ciel, la terre et l’océan !

Vole mouette rieuse, envoles-toi, Hélène, entre mes bras, ma colombe adorée.

La mer n’a pas de frontière, déniche la lumière dans l’ombre de ton cœur.

Ô majestueuse nature, ô ma flamme !

St-Michel, sauras-tu la trouver, là, dissimulée, entre les moutardes des champs et les hautes herbes… ?

St-Michel, ton cheminement sera long. Tu t’éloigneras des villes marchandes,

des attractions publicitaires. Tu n’auras ni Dieu, ni maître mais tu as une nouvelle femme, Hélène, l’amour de ta vie., de tes vies multiples.

Tu m’auras tout entier, ô ma vulnérable Nature !  Vent, tu seras ! Tempête, tu seras ! Amour, tu seras ! Et tu m’aimeras…

Fiers, amoureux et aventureux, St-Michel et sa douce adorée s’aventurent au-delà des océans, vaincront tempêtes, embruns et les rires moqueurs des mouettes rieuses.

Les douceurs marines les enivrent. Liqueur tenace … Ciel et mer en furie … Chevelure d’algue, nuages dentelés. Sa douce aimée est sous l’emprise des écumes. Ô tentaculaire astre protège-nous ?

L’Ermite confectionne une guirlande de mousses verdoyantes à son épouse, mère de toutes les mers. Tu es mon phare qui me guide dans l’immense profondeur de la nuit. Allons, allons ma belle Sainte-Hélène, allons guerroyer les bandits des océans.

Ils guettent derrière l’horizon. Le drapeau masqué par les vaguelettes. Les inconnus se dressent : innommable mât, drapeau maléfique… Le mystère et l’aventure se nichent au bout du chemin.

Ce cheminement t’emmène dans des contrées où le soleil miroite sur les vaguelettes. Petites étoiles scintillantes. Mademoiselle, mademoiz’ailes, dansez, virevoltez…Robe blanche pailletée, mille étoiles éclaboussent les mers et les continents.

Tu t’élèves  loin, loin, au-delà des nuées. Tu chantes, ô tu clames ton amour à ton inaccessible astre. Ta planète Terre n’est jamais très éloignée de tes yeux enamourés. Regarde, Hélène, ces fourmis qui te regardent béatement.Tu braves hardiment l’immense océan – Eh, eh, petits humains, voyez-vous vraiment la Nature !

Celle que vous chantonne Sainte Hélène –  Bien sûr, tu n’es jamais totalement seul !

Nous, humains, nous t’enveloppons de notre chaleur partageuse.

– Eh, Saint-Michel, viens partager mon lit, nous allons nous câliner aux rythmes lancinants Des flux et reflux de l’océan. Chant presque inaudible. Seuls les cœurs amoureux et curieux l’entendent, là, sous le creux de l’écume.

Retiens-moi, Sainte-Hélène, je ne peux te quitter !  – Regarde Hélène, la lumière étinceler sur les flots qui filent, là, regarde encore, j’ai vu, je l’ai vu, là, se dresser sur ses jambes immenses. – Qui, Michel, qu’as-tu vu  ? – Mais enfin Hélène, tu l’as bien vu, là, sous le bateau, enfin quoi, il filait à toute allure vers l’horizon. – Mon pauvre Michel, tu as pris encore un coup sur la tête. – Hélène, je ne divague pas, je l’ai vu avec une forme de fourche effarouchant les bancs de sardines. – C’est le diable en personne !

– Vite, vite, cachons-nous derrière les dunes avant qu’il revienne nous dévorer tout cru !

Michel entraperçoit les lèvres de son adorée se pincer. Visions éphémères balayées par le vent océanique. Un goéland piaille

– Allez, Saint Michel, largue les amarres, met les voiles, eh, entends-tu, dans le lointain, les mots chuchotés de ta bien-aimée ? – Qui parle, qui êtes-vous ? – Non, tu ne divagues pas ? – Êtes-vous un Dieu ailé ou un zéphir? – Je ne suis pas un oiseau, je suis la voix qui l’habite, viens, viens embrasser mes ailes bleutées !

– Comment puis-je te rejoindre ? – Tu peux me rejoindre en pensant très fort à elle !

– Suis-moi, je sèmerais des indices pour guider ton cœur troublé !

– Comment saurais-je les reconnaître ? – La même voix jaillira de ses objets végétaux, minéraux ou autres

Copyright@ Francis Lempérière –  fralemp@gmail.com – 06/06/2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Temps s’illusionne                   

Francis Lempérière

D’allées en traversées, c’est toujours la même question.

Où se niche la poésie ?

Les vers durent, sans glèbe

la luciole peine à percer l’ombre des mots

cadenassés en son antre. 

Saigne ta réalité, le sens cherche sa direction

en quête d’une planète déboussolée

regarde tes sens s’évanouir

sous les pics de tes émois

tant pis raturent les blancs de ta mémoire trouée

bleus de tes mots violentés

de rouge sang   secoués en tout sens

une nature fissurée de pustules technologiques polluantes

poèmes sous acide sulfurique

bombe aérosol     air climatisé

des coups aux corps,  bouts d’âme en péril

navigation floue d’un capitaine au long cours

Il investit les quartiers hauts de sa cité lumineuse

Une vue ample qui le réconforte

Francis Lempérière                                          1 et 2 juin 2022

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Rap des murs

Prends possession des murs

Scratche tes mots emmêlés

Stoppe ta bobine échevelée

Ton film débute incessament

Zébrures sur le mur

Mains, coeur et doigts 

parsèment une langue

rêche comme de la craie

Mets tes distances

avec tes maux assombris

Esquisse tes lueurs

aux rêves des noctambules

Écrête la matière spongieuse

de tes périples hasardeux

Les vents rient de toi

de tes rides à venir

La mine soucieuse

les tempêtes te causent

des récits de sabordage

des abandons humains

Francis Lempérière                                                   2 juin 2022

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Au fil des poèmes

Humain, à quelle terre rêves-tu ?

Pas de rêves mirobolants,

je ne voudrais que des arbres à poèmes

reliés par des fils de mots

une pêche miraculeuse  entre le feuillage

l’éclat du printemps   des pépites de joies

à dénicher sous la feuillée

du poète somnambule

chante au firmament   sous l’oeil goguenard

des becs questionneurs

Que pêches-tu, chère amie, de si bon matin ?

 Du gibier d’eau de toutes sortes

J’accompagne ce goûter salé de salicornes

Ça glougloute dans mon gosier

à te décrocher les mandibules

Que de festives paroles jetées aux rives annexes

Ne t’ancre pas trop vite, capitaine, aux lointains ports

L’aventure a la dent dure

Après le quai, le port, l’océan infini, ses multiples remous

les criaillements de mouettes les railleries des goélands

Les coques de bateaux avalées par l’océan

Les eaux se délimitent, jouent des coudes avec les roches,

jonglent sur les cailloux, ponctuent leurs ruissellements

de murmures minéraux, de bruissements végétaux.

Francis Lempérière                                               3 juin 2022

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Papillon

Animal volant

Pelotant mon

Imaginaire

Lié à tes ailes

Larges, toutes de soies

Offertes à mes

Narines et yeux

Berlue passagère

L’esprit curieux

Affuble ses yeux

Non négligeables

Cale ses photos sur ses mots

Oriflammes, poésie !

Ratiboise mes doutes

Allume mes yeux d’étoiles

Néantise les armes sans âme

Guerres inhumaines

Ȇtre vivant, vibrant d’amour.

Francis Lempérière                                                   3 juin 2022

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File l’écheveau du temps

Stopper la vitesse de nos gestes

Apaiser nos esprits enfiévrés

Sentir le vent investir nos pas

Déloger son antre au coeur de nos fières campagnes 

Où les heures suivent  le cours des rivières

Où les peurs se diluent  dans un temps dilaté

bulles d’imaginaire  tes mots sont les miens

nature verdoyante

ne pas se pétrifier d’habitudes

juste enfreindre les chemins trop droits, l’herbe trop rase

transgresse fossés et talus embourbés

se nimber de récifs et de récits

parcourant tes pas et mots imbriqués

tes rêves lévitent, toi, l’homme roseau

guidant ta barque d’une rive à l’étoile

de la toile, tu  cibles l’horizon comme embarqué en ton voilier

les vaguelettes te berçant sous la lune.

Francis Lempérière                                                  4 juin 2022

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Sous la lune

La dune parsème sables,

vers de vent où les palabres errent

d’un mont à un mot, d’un autre visage

à une langue nouvelle

Tout est conte et poésie

Un éclat de soleil souligne

tes traits de caractère

tes veines bleuissant ta peau

parcheminée, craquelée

La vie se lie à la blonde dune

Caresse du vent mêlée de soleil

grains de sable volant sous ses pas lestes

S’enivrer de soie de mots

Les mots se moquent des fins de phrases rallongées

d’un brin de causerie bruyant, intempestif.

Un point, c’est tout et

c’est un faitout d’histoires qui redémarre…

Par touches d’aquarelle, nature

Tu te pares de couleurs chaudes

d’esquisses festives, tu seras

De fiévreux silences soulèvent

des pelletées de récits en chantier

Ça chante des presqu’îles

aux musiques jamaïcaines

Des soleils ronds comme des noix de coco,

des ackees saoules de rhums et d’embruns.

Francis Lempérière                                                                6-7 juin 2022

Feu créatif – Acrostiche

Fabuler devant un trésor sans savoir l’appréhender

Emettre quelques doutes à ladite prise

Unifie tes phrases, tes recherches

Cale tes mots sous tes pensées fluctuantes     

Remémores-toi les pépites récoltées

Emmagasine-les dans ton jardin secret

Allume tes lucioles sur ta page 

Terrasse les impatiences furtives

Inventorie tes feux qui t’habitent

Fabuleux trésor qui hérisse tes émois.

Francis Lempérière                                                                     30/05/2022

S’élever – Acrostiche

S’alarmer des eaux qui montent

Édulcorer les violences qui rabaissent

Labelliser des nourritures qui devraient être saines

Éduquons notre œil et notre libre-arbitre

Versons nos mots sur nos rêves

Envoyons nos poèmes sur orbite

Rien n’est plus apaisant que la valse des nuages.

Francis Lempérière                                                                     25/05/2022

Sur le sentier d’Almanéa

Jeux d’indices

Qui a jeté le premier cri, le premier chant sous la voûte des chênes ?

Sème la graine, l’aile s’est acoquinée avec la plume

Un périple long   sinueux  en courbe  sans ligne droite

Tout ce précipice de mots inscrit dans la pierre

La trace, juste sous tes pas, t’ancre dans la mémoire de ta terre.

Les toucans se partageaient glands, insectes

nichés dans le tapis feuillu de la chênaie.

Frère et soeur des forêts sommeillaient dans le tréfonds de la glèbe

l’emblème d’un monde disparu au potentiel créatif gigantesque.

Prends ta plume, continue leur récit, jongle avec ton imaginaire

Joins tes ailes, culmine du tronc à l’écorce, de la branche à la feuille

D’ailes à soi, un univers de douceur pour déployer ton être

Enfance animale dans une nature animiste

L’âme au ras de l’eau   miroite quelques échos  de    tes       pas

La lune entre tes mains     traits esquissés

de rides d’eau   d’ombres projetées  

ils te ramènent à tes émois d’enfant curieux

des lyres accordées comme un vol de rêve.

Francis Lempérière                                               samedi 21/05/2022

Le temps renversé

C’est la table de calcul qui bascule

Les mots qui s’entichent de leur faire la peau

Silences indescriptibles

Statistiques en mode pause

Les minutes sont si lentes

Les feuilles de l’arbre continue

de chuter sur l’herbe molle

chut, les mots dansent

sur les branches partitions

mots doux comme le bleu de l’été

concert de phrases claquées

à l’orée de la chênaie.

Francis Lempérière                                                             Jeudi 19 mai 2022

Passerelle (acrostiche) + texte

Prend le temps du plaisir d’être ici et ailleurs

Affranchis-toi de mur, de frontière, de limite dans tes discours

Sais-tu reconnaître tes travers, tes méconnaissances ?

Saisi l’inneffable, l’inimaginable, l’abstraction, pensées de nuages

Effaçables à volonté, connectes-toi aux étoiles, sois ton guide

Résouds-toi à laisser le vent, la pluie s’engouffrer dans les statitiques

Emiette tes certitudes, ronge tes utopies, croque tes rêves

Luciole éclaire mon chemin sous les voûtes arboricoles

Lacère les à peu-près, les pourquoi ça, les si on avait su

Eduque ton être à ne pas avoir mais à être le vent et l’arbre.

Francis Lempérière                                                          17/05/2022

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Passerelle

Celle qui  te donne la main, qui te soulève

Hors les murs  sous les étoiles

Ailes pour t’envoler

Hors du nid où piaille le passereau

L’oiseau des airs a rendez-vous avec l’oiseau de fer

Ça criaille, vole entre terre et ciel

Ça raille des propos fallacieux qui déraillent

Dans le genre – gare à toi !

Nul  besoin de murs entre mon toit et l’autre visage

qui se faufile entre deux envols de mots

non, non, je ne déraille pas, juste un rail d’imaginaire

sous des contrées sous tes toits de fer.

 Francis Lempérière                                                                                     19/05/2022

La pluie et peau – Acrostiche

Légères gouttes irisées

Arrosées, transparences

Perlées, nacrées

Lueurs du monde enfermées en

Un unique grain d’eau

Incandescente grâce suspendue

Enthousiasmante découverte du microcosme local

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Polissage de la coquille avide

Evidage des mots clichés vers les sens-ciel

Allumons pores et mer de mots de nos émotions en sourdine

Unicité de nos vers, du ciel, de l’océan, de la terre, en soi-même.

Francis Lempérière                                                                                      12/05/2022

Recueil « Libres notes »  réalisé du 12 au 26 mai 2022

par Francis Lempérière

Rendez-nous  nos notes aphones

Pas de mots vides de sens

Dansons  aimons  sans compromis

Le monde est une terre féconde

jusqu’à épuisement des stocks

il n’existe pas de puits sans fond

comme des histoires sans mots

cultivons la ronde de nos mondes

mots et notes en fest-noz

attention au barbecue de mots réchauffés

cultivons la hardiesse de la nouveauté

fusionnons nos sens sans interdits

nos sangs s’encolèrent devant tant de notes éparpillées

comme un fil à linge saccagée par un vent trop fort

Plus de bouches cousues, de mots sangsues

Alertes, musiques réquisitionnées

La place est avide de sang, de mots enfiévrés

L’été est à nos fenêtres

Place aux artistes assoiffés, plus d’eau aux fontaines

Nos maux plastifiés

Francis Lempérière                                              12/05/2022      

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Fête de la rime

Et que dire, des lueurs bigarrées de la fête de Noël

qui se jettent sur nos vers solitaires

Non, juste une lèvre à cueillir sur le  cristallin  émoi

S’entendre dire   aimer c’est faire tintinnabuler

nos coeurs à l’unique son de nos âmes réunies

Pas de vers trébuchant    Contre pied fâcheux

Rimes désorganisées

Ça s’empêtre les gambettes

Partition libre comme l’air

Notes chercheuses de matière cotonneuse

de plumes dorées sous la couette du soleil couchant

Pas d’utopies nébuleuses

Laisse naviguer  tes idées dans l’heure du songe

Songe es-tu là, à dégotter des questionnements lancinants

sur ton avenir indistinct ?

Glisse tes idées sur la ouate du papier crissant

en vers subversifs, en lettres versatiles

Tout ne s’écrit pas en mots venteux, orageux, de pluie mêlée

Langue sans creux    bosse de rire   la rime en prime    cerise sur le gâteau

Enveloppante tendresse du mot caressé, entrelacé dégusté sur le bout de la langue à creuser la matière jusqu’à la gangue de la phrase nue 

Ne plus garder le sens que jusqu’au sang

Plus de règles, juste retranscrire la recréation des choses

sans s’emberlificoter d’ornements futiles. 

Francis Lempérière                                    12-13 mai 2022

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Fatras de bruits

Des lignes fractales fracassées cinglant la nuit enveloppante

à la robe froufroutante   aux  yeux  démesurés

Le coeur fusionné aux étoiles

Tout ce remue méninge  en haute sphère 

Ça te bouscule tes idées  préconçues   naïves

accroît tes marges d’erreur

Conception trafiquée de l’autre visage  de l’autre rivage

Non, pas de vie ni de rive,  sages

Seuls les plus valeureux apportent la pierre philosophale

D’autres verront des clairières submergées les nuits de l’ignorance

Valeureuse nuit des âmes éperdues d’amours de poésie

en musique dansée  entrelacée  chuchotée de vers délicieux

dans le clair-obscur d’une forêt   L’enfant plongeait sa main

dans la flaque miroitante  ton visage énigmatique

Le chemin se faufilait dans les ombres épaisses

Chênes aux silhouettes tortueuses  féériques et mençantes simultanément

se dandinaient en des danseurs improvisés  enracinés 

esquisse tronquée d’une création en cours

Vent s’emmêlant aux échos froissés des feuillages entrecroisés

Tu rêves de cabane dans un chêne en prise directe

avec les ondes du ciel, de la terre et de l’eau.

Francis Lempérière                                      15-16 mai 2022

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Après la tempête…

N’aie pas peur des traces animales laissées par toutes ses ombres

Ombres chimères venant du tréfonds des troncs creux ancestraux

Les années passées au coeur du béton, le chêne s’affaiblit,

sa sève se décolore, ses feuilles rabougries peinent à rester en équilibre sur ses branches essaimées  fragilisées   esseulées

Solitude ancrée dans un sol froid, inamical, sans vers

La poésie cherche à atteindre l’intimité de l’être

au creux de l’antre végétale et minérale

Déniches-tu cette force verticale intérieure qui naît de tes pieds terriens jusqu’à pénétrer ton crâne, connais-tu la trame de ton histoire personnelle dans tes mots cathartiques, de tes racines enfouies,

de tes tics et tocs familiaux récurrents ?

Évoque la branche, là-haut, qui touche le ciel et coiffe les nuages.

Le jaune dégouliné est souillé de traînées d’ombres

Ensoleillement de nos murs de nos cités

Pas de peaux interchangeables, elles se rident sous l’astre

Les globes trotters circulent  en autonomie complète

Le sang coagule d’interminables sens et rimes en effusion

Pas de stocks en vue, les sens flambent.

Pourtant naguère, pullulaient de sanglantes guerres sur notre vieille terre

gémissante d’être incomprise de nos concitoyens et belligérants

La terre se permit de recracher sa lave bileuse,

ses tsunamis et ses eaux radioactives. 

Francis Lempérière                                      17-18 mai 2022

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Tant que les mots passent

Trop de maux se télescopent   s’emberlificotent

de non-dits malaisés  de coup de sang, de non-sens

Solitude de nos nerfs   Fresque mentale

Succession d’ombres

Les hommes le front baissé n’osent

pas  braver la nuit

ses bas fonds tumultueux

ses langueurs  lancinantes

Toi, le front, tu ne le courbes pas

face à la foule noyée dans l’ombre

Tu te dresses vers la lèvre aimée  enfiévrée  douceureuse

Diversité rebelle   houleuse manifestation  contre l’uniformité

Le jaune nous va si bien

Des dessous de cartes tronqués.  L’heure de la désobéissance a sonné

Forteresse inoccupée vidée de sa substance chimérique

Croire le vent qui fléchit  les perpétuels échos querelleurs

c’est créer son propre chemin, sillon propre et net parmi  les bosses 

les fossés  les trous  les impasses infréquentables

Sentir la clarté poindre ses rais sur ta peau parchemin 

Paravent contre les incivilités de la vie

Tu ne négocies pas tes dessous  tes pardessus

sans soulever ton lot de cris  d’incompréhensions

Francis Lempérière                                    22-23 mai 2022

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La lumière infuse

Fraye-toi vers la porte de sortie

Un continuum de pensées colibris

contre les incontinences étatiques

De l’ombre, tu suivras la place forte

sans failles dans tes choix

Ne pas céder !

Ne pas oublier les piques sans foncer tête bêche

contre les murs de l’incertitude

Le silence n’est pas une arme dissuasive

contre tes craintes d’un vide abyssal dans ta réalité

Où se situe ton réel matériel, ton imaginaire spirituel ?

Sois jongleur de fond    remue tes méninges

Sans bruit, tu fonces sous la grisaille des nuages

Pas de lueur en vue,  juste la luciole

qui joue toute seule, saute d’une feuille

à la branche pourvue de fruits

Soie des mots aux soirées

sous cloche, dans ton antre

Crayonne tes nuées imagées

entre ton pouce et ton index

Mystère des ombres cachées

Cruel choix d’un futur masqué

Le présent est un filet d’anguille

glissant sous des ponts fixes.

Francis Lempérière                                             23 mai 2022

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Inspire

Fixité du regard, non, tout s’agite

d’une fenêtre à un bout de trottoir

Les âmes nocturnes volent  de lueur en lueur

La nuit se lézarde de noctambules fêtards

de récits illusoires, de silhouettes d’ombres

prises dans le tourbillon des vices

Vies sédimentaires de nos antres étroits

aux peurs caverneuses

Prendre part aux vi(c)es

C’est perdre le fil de la ligne de mots  qui te relie à l’océan

à ta terre baignée de soleil

songes bleus dans tes yeux

Un peu de verve dans ton verbe

Un peu de vert sans éther

mets en silence le brouhaha de la soupape urbaine

Prolonge tes respirations

sous l’asphalte sue tes veines rhizomiques

Prends la part de l’aile, criaille tes mots loin de la chape et de ton HLM

Le vent percute la brume ouatée de tes paroles barricadées

Azimutées   bitumées  déshydratées

Horizontalité de tes mots qui t’élève.

Francis Lempérière                                    25-26 mai 2022

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S’élever

Prends part à la vie sans béton

sois aile et plume

Tintamarre discordant

Notes azurées sous cloche

Ça sent le soufre brûlant

des maux inhalés  souillés

La cité s’enclot sur ses lubies

ses vaines retrouvailles

ses solitudes proscrites

ses coeurs embrumés

Prends part à la ronde

des mains enlacées

aux troncs des tilleuls

Sens-tu tes veines vibrer

dans l’écorce de tes membres ?

Retrouver le sang et le sens

de ton coeur et de ta sève

À présent, tu respires

Francis Lempérière                                             26 mai 2022

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Quel sens ?

Des yeux tâtonnent l’ombre

entre les interstices

d’une clarté intermittente

Passagers clandestins

D’un coup d’oeil, ils sautent

d’une mansarde à un studio

Ils sont là pour masquer

de franches ouvertures 

Pas de rires, des mots triés sur le volet entre cuisine et salon

Le couteau claque des mots

casse-cou aux gifles cristallines

On ne plaisante pas avec l’ordre

Et toi, rebâtis-tu des châteaux sous le soleil d’Espagne ?

Peuh, non, tu te fais la malle

en redorant ton blason

Traficote tes billets verts

au black sous couvert d’écologie de carte postale

Ne t’inquiète pas,

la main-d’oeuvre ne manque pas 

Mains griffant       amour suspendu

des mots fiévreux

des peaux à aimer enfin aimer

Francis Lempérière                                                                            26 mai 2022

A l’intérieur

Samedi 7 mai    –  ça me dit ensemble avec Mickael Ezanno

Regards à l’intérieur 

Intérieur du regardant

L’âme est un confetti de lumière qui flue et reflue

bouge petite lueur de l’oeil

dans l’âtre brûlant du désir

intimité de l’âtre

le chaud couche sa mince peau

un effleurement comme un coeur frémissant

juste être là sous la main qui te pose sur ta terre.

Elle regarde quoi ?

Là, posé sous ta fenêtre, volée de plumes

Grâce du geste précis sous le galbe du sein

L’oeil vissé au coeur, sans prise directe,

sans pression, juste suivre l’esquisse du vent

jeté telle une pépite à corps perdu

duel alité, non, juste un duo de deux corps qui halètent

juste saisir l’instant d’un regard d’un mot saisi au bond.

Tu es là, au bout du fil de l’idée qui enclenche la petite voix

Fêlure graphique du temps à la chaleur des corps

des coeurs raïkus, de la lèvre percing

de la peau tatouée de vie et de mort.

Francis Lempérière                                        Samedi 7 mai 2022

Sept jours à Sète du 22 au 30 avril 2022

Vendredi 22 avril 2022

Que de silences dans tes mots de tourbe, d’eau et de ciel

prends ta peau dans tes ailes

tes os translucides dans la lumière crue du soleil

hapée par la folle escapade des herbes volages

ton crâne papillote   lueurs embarquées

la rosée dépose sa candeur sur tes idées plastiquées.

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À quoi, à qui ris-tu ?

Aux idées colportées

Aux coeurs venimeux 

À quoi, à qui ris-tu ?

À ceux qui ne rient plus

À ceux qui ne rêvent plus.

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L’armoire à glace repasse son costard

Élégance de surcroît, l’oeil avisé

Traficote les boutons

Reculotte la réalité

Elime ses vaines visions

Il s’arrime au miroir

N’agrippe pas le reflet morne

Terrible gageur que, minuit sonnant

Evaporation des eaux

De l’être désossé de son sens

Uniforme dévidé de son sang

Manichéen dessein

Outré, l’être se froisse

Nargué par le reflet moqueur

Décrédibilisé, le reflet l’avale

Ermite sans âge, le temps clôt le portrait. 

Ruelle à contre-allée. Mots se ruant à contre-courant

Pas de prise, les phrases s’enclenchent

La claire ruelle fuse de toute part

Mots phosphorescents  empilés énergisés   ligués  déchargés

Mots coquilles vides   Pas de mots sans terre

Peaux terreuses en recherche d’espace poétique.

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Samedi 23 avril 2022

Des mots claqués à la volée

sans égard par l’écho colporté

Graines semées à la régalade

sans souci du temps minuté

Juste le geste de dire et de faire

Mots dessinés   traits esquissés

au recoin d’une page 

en attente de greffe de récits

Danse de signes chuchotés

Entrechat  d’opéra

Ça balbutie des borborygmes

Gratter l’insondable   un matin chafouin

le crâne fracturé de rêves volatiles

Toute lueur est la bienvenue

à l’auberge des mots

à l’arbre à poèmes

où s’effleurent les peaux arc-en-ciel

Un gouffre embarqué de lueurs renaissantes

Feux follets clairsemés

Puits de lumière déblaie les ombres humides

Dons de tendresse, la joue collée à la vitre de l’inconnu

L’émoi émoustillé

L’auberge des mots s’appauvrit

Des propos acides de nos têtes diplômées

Beautés déchues  d’anges endiablés

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L’eau coule goutte à goutte perlant sur ton crâne

Silence attentionné    habitait là   toi le veilleur

Lueurs clignotantes

  Un temps  en  pointillés

Licencieuse liberté du vent

Gouffre vrombissant d’ombres chahutant

Mots en charpie sifflant la carmagnole

Écharde de mots  en strates imparfaites

Un divorce à plusieurs facettes

avec une réalité pauvre, anesthésiante

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Dimanche 24 avril 2022

Gouttes nettes sur le fil de l’horizon flou

Capte les lueurs poétiques

Entrouvre les portes du réel

Dégoupille les pensées concrètes

Torpille les clichés convenus.

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Les vers se conjuguent dans les cinquante nuances de vert végétales

Puise-en des monts et des versants

Infuse-les dans la verdure des phonèmes

diffuse peau aime tendresse     nom de code : le vivant

plus de pass, ni codes-barres pour uniformiser les natures et cultures

illogiques suites de chiffres sans que tes gestes s’accordent

pas de poésie sans chemin de traverse

du rêveur passe-muraille des forteresses trop pesantes

nourris-toi, relie-toi à tes mots sensés

poésie, tu m’incendies, entretiens ma flamme

phosphore ta pensée exploratrice de sens

Peur de qui, peur de quoi ?

D’un revers, d’un contresens

qui ne tournerait pas rond

d’un vers et de trois vers, ouille,

tu es bon pour les haïkus

en veux-tu des brèves poétiques ?

en voilà des tranchantes

qui revivifie la chair des mots

narguons la monotone langue de bois

non pas de langue de veau

ni adjuvant alourdissant ta langue verte

semeuse de perles de cultures

de passerelles d’échanges

de partages intergénérationnels.

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Maintenant que le coeur bat la campagne

Que l’humain parsème ses matins de rage

Ses mains tenant le cap des monts et des mots.

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Un rêve s’ennuage                        mousse des toits

Trêve de paix                                 verdit nos antennes

qui surnage                                    relie nos âmes vertes

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Un doigt de fée

Un rire de sorcière

Imaginaire explosif

Lundi 25 avril 2022

Crêtes de mots dans le limon de la rivière

Songes d’argile et de sable stagnant

Ridule du vent  coiffé l’eau

L’insomniaque arpenteur des mots trépigne

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Salissures au recoin de la rétine

le blanc de la page

noircis de termites

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Miroir de paille

Paillage des rêves

La réalité empaillée

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Empoché    décoché   décodé

Les lois recèlent de signes

Panachage d’humanités imparfaites

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L’escargot déroule sa coquille

Départ lent et fragile avec force et résistance

au temps passant

la nature se pose

glougloutement     pépiement

sifflotement     chuchotement

elle est silence de mots

Je suis bien dans mes basquettes

Je navigue en  soquette

Sous les platanes, je me délasse

Je déguste un brin de soleil, de causette

avec un chat tacheté de poils noirs et blancs

tout ce fatras de chiffres embarqués

dans ma tête s’évanouit

comme banquise au soleil

je suis bien avec mes mots, mes rêves

comme seuls bagages

je navigue solo sous un ciel bleu indigo.

             ******************

La sueur au front, tu arpentes

pierre par pierre, grains de terre

pour des grains d’espoir

toujours avancer

saisir l’astre comme témoin sans relâche

mètres deviennent mots

tueurs de nos fâcheries quotidiennes

de nos stress infondés

peurs ancestrales qui dépochent

ses peurs asphyxiantes

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Quel métier plus glorieux que semeur de rêves ?

Vendre de l’utopie pour quelques vers à déguster

autour d’une table sans modération

Le rire ne sauverait-il pas aussi le monde ?

de ses pertes de sang, de sens interdits

mets de l’envie mon ami dans ta besace

pour lutter contre la cruauté, les doigts d’honneur mal placés.

Le pouvoir de la poésie n’est-il pas un contre-pouvoir

contre les dérives financières, écologiques, monarchiques

contre les turpitudes de nos vies rangées, pas de vagues

juste rire et danser encore et en corps.    

Légalisons la poésie comme

Adhésion à une vie libre et féconde

Principe fondamental de libération

Ondes positives collectées sur radio libertaire

Essaimons nos poèmes à tout vent

Savant imaginaire, élégante dame 

Iles des songes bercées d’écumes

Enfantons nos énergies

Sauvons nos océans, nos dauphins

Assommants actionnaires aux vains dividendes

Utilité privatisée et désunion des coeurs des hommes

Vole poésie unifiant les pas des hommes

Elance-toi au versant des crépuscules fauves

Retourne les griffes de nos nuits blanches

Allons-y compagnons d’infortune

Lisons nos poètes et  slameurs aux voix vives 

Egalité de nos egos sur scène et dans nos vies

Magnifions nos plumes inspirées

Ouvriers poètes des grands chantiers

Nomades aux coeurs sans barbelés

Défaisons nos corps carton, emballé

Enlaçons-nous, dansons encore l’hymne à nos lunes intimes.

Lueurs incessantes, irréelles chimères

qu’éclairez-vous aux creux de vos ombres ?

Elles qui nous submergent de doutes

la création poétique se heurte aux bosses

des chemins empruntés, chaotiques, embourbés

elle n’est pas qu’une marchandise monnayable

elle troque nos vers en une circulation fluide

entre les tables, les lèvres avides

de nouveauté et de beauté.

Elle nous permet d’échapper à toute censure.

             ******************

Nos corps tendus comme des arcs

n’ont pas de flèches à tirer

juste des maux à dire sur le papier

juste du sens à lire sur nos chemins

sans audioguide, ni GPS préprogrammé

juste aimer nos lendemains à façonner

dans les creux de nos mains reliées.

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On est tous les âges à la fois

On est l’enfant qui joue à la balle au prisonnier

On est l’adolescent rebelle qui tire la langue à la maîtresse

On est l’adulte qui raisonne ses pensées sur le papier

On est tous les métiers à la fois

On est la plume qui replonge dans l’antre de ses souvenirs

On est l’enclume qui resasse un passé révolu

On est soi-même

mais n’est-ce plutôt pas un travail à plein temps ?

 Mardi 26 avril 2022

Á Soubès  (avant sept heures)

Le coq scande son chant

dans la campagne paisible de Soubès

un chat me zieute subito presto et file aussitôt

des oiseaux pépient sous la feuillée

mêlés de bruissement de vent et d’insectes.

             ******************

Les murs des maisons suintent d’échos

d’histoires effroyables et joyeuses.

Néanmoins, l’enfant continue de rêver

sur son manège enchanté.

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Á Soubès  (à 8 h40)

Un chien aux taches brunes et blanches flaire

les odeurs d’un congénère au pelage noir

échanges traditionnels, amicaux

de leurs fragrances respectives

Ça se bécote. Ça s’effleure

Ça se touche du museau

Ça jappe son nom.

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Á quoi joues-tu ? Au mec bien et fier devant les premières étincelles

Tu as l’air de quoi ? Les forêts flambent. L’air se raréfie et se détériore.

Nos poumons se noircissent. Nos poils sentent le roussi.

L’arbre penche de la tête, les branches se cassent

Et toi, la tête dans le sable, tu comptes tes heures

au comptoir des causes perdues, aux vers essaimés sur l’établi. 

  Mercredi 27 avril 2022

Á 6h00

L’orangé peinturlure ses murs               Reflet dans la vitre

songes d’un citadin                                entrapercevoir l’insoupçonné

entre les interstices                                 le visage défait

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Blanc paysage                                        Draps froissés

pas de neige ce matin                                     mots illimités

s’envelopper de pureté                          rêves en pointillés

              ******************

Á 6h55

Salade d’herbes coupées                      Chant et pépiement

pas de couvert                                        notes bleuissant le ciel

une nature dispersée                             les esprits chantants

              ******************

Écrit matinal                                             Sept heures, les cloches sonnent

les doigts violoncelles                                      clarté et optimisme

silence des monts                                   des pas de l’arpenteur

              ******************

Signe du vent                                          Jaillissement des eaux

défroissent tes doigts                             court-bouilon

engourdis                                                 notes chahuteuses

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L’eau morcelée   

rivière ensorcèle

chavire tes monts

ravive tes mots

Et là, mon ami, salue mes copains, paye ton coup,

je serais là accoudé au comptoir.

Quelle chevauchée fantastique cette soirée

allons-y pour un cocktail explosif à nous retourner

 les chakras et une cervelle déjà bien entamée.

Et là, mon ami, la fête bat son plein, les convives se congratulent

de sourires complices, de blagues coquines.

Ça susurre des amitiés latentes.

Allez Barman, sers-nous un verre de schnaps ou de rhum des îles.

Bah, fais pas le marlou, l’ardoise c’est pour Bibi,

rallonge les doses, des verres à demi-plein,

ce sont les plantes des trottoirs, à présent, qui meurent de soif,

ça mon ami, j’y participe à leur survie contre leur foutue pénurie d’eau 

que dis-je un peu de liquide coloré additionné de quelques bulles.

Le soir, les ombres des lampadaires se courbent

sous le flot des verres bus, des paroles abusives

ça joute des paraboles lubriques

c’est l’eau de la vie qui coule sous les ponts

dans les veines, pas de répit

on magnifie les fêlures anthracite de nos cités

des pansements décoratifs masquent les vitrines des magasins liquidés

sous les pavés, fourmille une économie gaspilleuse

allons enfants irrationnels d’une nature spirituelle

n’abusez pas de vos spiritueux déraisonnables. il y a mieux à faire.

L’eau, il n’y a pas mieux. La source limpide inspire la poésie

Les airs paisibles d’une fontaine glougloutent

à tes oreilles une musique contemplative   

éteignons nos rages sous les flots des océans en déperdition

Sauvons les océans et les terres compromises

par des dépenses excessives

par des techniciens de laboratoire sans âmes

allons-y poètes rageux, dégainez vos plumes et papelards

ça va ranimer les libres-penseurs et engourdir les censeurs.

Jeudi 28 avril 2022

Cassons les règles

Arrimons-nous d’échanges de liens

Foulons des pagailles d’imaginaire

Empoignons nos vies à pleines mains

Soyons la houle balayant le sable

Ondoie sous les rayons de lune

Caresses de ta peau granuleuse

Imaginons de nouveaux lieux

Allons mes enfants, la ronde continue

Liguons joute de mots et mots enjoués

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Partir en errance

Oublier notre part humaine

Imaginer l’autre visage

N’esquisser quelques traits

Tracés sur le mur

Evocation d’une mémoire défaillante

Combat contre l’ignorance

Oublieuse âme humaine

Une nuit et des jours sans défaillir

Reconstruire des tours d’imaginaire

Terrasser les grisantes solitudes

Emmaillées de cris désordonnés

Ramassis de racines

sur une table en bois

bouillon végétal

un désordre naturel

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le végétal s’enliane de courbes

dictées par la nature

de ses vents océaniques

de ses terres métissées

de cette tourbe créative

un creuset d’émotions vives

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L’enfant  triture la glèbe durcie

à l’aide d’un petit bâton rudimentaire

essaye vainement de défaire la gangue

pour libérer les fossiles imaginaires

sa vallée se libère des eaux océaniques

des flots de sons, de notes et de mots le submergent 

pas de pioche mais un simple outil pour l’apprenti paléontologue

son récit se berce de monstre remontant les flots du passé

sa pelle fouaille, trifouille, tripatouille, creuse

habite ses racines dans le lit du temps

petit, déroule ta pelote, découle, découse tes mots.

Vendredi 29 avril 2022

Fabule mon enfant

Amuse ton monde

Démonte cette réalité

Enlise-la de sucre d’orge

Rajoute du rêve

Elague la tablette de chiffres

Largue tes soucis, anarchise-toi

Lies-toi à la beauté

Ephémère de la vie

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Grappes de pétales de lumières

éclaboussent les bois vermoulus

menuisier des mots

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T’écrire une lettre                                    de tes lèvres

notes de miel                                           sans fiel

décapsuler                                                        le quotidien

être toi                          et                         moi

Prendre le temps d’échapper aux heures trépassées

La houle soulage les âmes meurtries

Les saisons s’égarent

Le ciel s’enrage

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Au cirque du bout du monde

Un soleil ardu assèche la terre rougeâtre

Les cailloux cassent le rythme

Le corps s’adapte aux courbes du chemin

Ȇtre le fil qui ne rompe pas

Toujours garder l’équilibre

Face à l’adversité

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Simples bâtisses aux murs ocres

Ouvrages millénaires

Union de la pierre, de l’eau, du vent

Bâtir est l’art de réaliser une ville forte, durable

Elégante, fonctionnelle

Soucieuse du bien-être culturel

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Lectures poétiques à la librairie Un Point, un Trait

Ouvrages littéraires régionaux et nationaux

Dédicaces, lectures et concerts

Enrichissent les regards épris de curiosité

Venez à nous, mots et palabres des poètes troubadours

Elle, poésie, légère, subtile, nous berce en notes joyeuses.